Reflexion

La morale, levier d’élévation ou trique de domination…

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La morale ne vaut que par son appel à la perfectibilité de l’homme, à rendre l’homme sans cesse meilleur envers lui-même en le délivrant de ses propres manques et défauts pour lui-même et dans le rapport à autrui qu’elle lui enseigne à traiter justement tout en l’outillant intellectuellement et idéellement pour cette justice enseignée, en vue de dépasser toute complaisance injuste avec les débordements iniques de l’ego.

La morale qui appelle à la soumission au système social injuste, acculant l’individu, le paupérisant afin de le forcer à obéir pour sa subsistance sans jamais exiger l’établissement effectif de la justice sociale, sans jamais réclamer la fin des désordres criminels des dévoreurs financiers et marchands au nom desquels l’État maintient tous en précarité ou dépendance matérielle, est abomination.

Le monde tel qu’il est avec la morale qui bloque, accuse et aliène; la morale qui enseigne l’autodénigrement, l’autofustigation individuelle pour idolâtrer l’ordre des puissants; la morale qui suggère la haine de soi chez l’individu sans oser l’avouer; la morale pseudo-dogmatique de l’institution religieuse – car seules les vérités spirituelles sont érigeables en dogmes – qui fignole le complexe de culpabilité allant jusqu’à le préconiser au nom de « Dieu » par certaines curies, est aussi inhumaine que l’idéologie violente des  grands prédateurs criminels de l’humanité, et, peut-être même, plus exterminatrice que le bellicisme tueur des conquérants. Car là où les hégémons guerriers, les prédateurs d’États et de peuples organisent leur hécatombe à l’extérieur de l’homme qu’ils tuent pour le soumettre, les obscurs moralistes des religions d’Érèbe et leur morale diabolique de dominateurs asservissent l’esprit, détruisent l’humain en subvertissant la conscience humaine de l’intérieur pour soumettre l’homme à leur ignoble et terrifiant régime de sentiment d’indignité d’existence, de honte d’être en façonnant une bête et masochiste propension à l’autopunition permanente de l’homme, lui enlevant toute estime de son être. Perdre son estime comme être, est pour un humain pire que la mort. D’ailleurs, tout au long de l’histoire, les plus vifs combats et parmi les plus héroïques, les guerres les plus acharnées menées par les opprimés, n’ont-ils pas été précisément pour retrouver leur estime ontologique piétinée et la défendre!?

En vérité, les hommes les plus pacifiques peuvent devenir combattants aguerris bravant le fer et le feu, s’ils ont le sentiment d’avoir perdu leur estime de leur être et existence par la faute d’autrui! C’est cette dignité immanente au sens et à la nature même de l’homme que certaines morales sociales d’obéissance tendent à effacer de l’humain. Quand tu obéis par injonction d’un ordre soit d’un individu soit d’un groupe, fût-il l’ordre du monde établi par les empires, demande-toi si c’est pour t’élever vers ton humanité ou au contraire pour te faire chose de celui à qui tu obéis. N’obéis jamais à quiconque après Dieu, sinon qu’aux justes principes objectivement justes dans ton rapport au monde.

La morale juste ne peut être que celle qui, après ses prescriptions d’interdits et de mises en garde, aide l’homme à se construire par des préceptes clairs. La bonne morale est celle qui se prononce comme ensemble de matériaux idéels et spirituels fournis à l’homme, pour se construire, s’élever. Le seul but de la morale est de faire prendre conscience à l’homme de ses grandeurs de nature à cultiver tout en transcendant ses faiblesses par cette culture sublime du bien en lui. Seule cette sorte de morale vaut la peine d’être écoutée.

Quand la morale n’est ni appel à l’humanité ni volonté d’élévation vers le bien à cultiver mais rétiaire pour cueillir les consciences et les déposséder d’elles-mêmes au gré des puissants voulant se faire obéir; quand la morale est la massue des décideurs contre les petits à façonner pour l’obéissance à l’ordre de ces décideurs, elle est en soi immorale et déviante du sens, elle devient le contraire corrompu de sa vocation, son essence de grand domaine du sens de l’humanité.

La seule justification d’une morale même strictement séculière, c’est qu’elle veut – selon son contexte doctrinal, selon le principe logique de sa perception de la nature humaine – rendre l’homme plus digne de lui-même. Contre l’iniquité, la morale se doit d’être un rempart, s’érigeant tremplin de l’équité donc loin de la morale conformiste qui justifie les prédateurs économiques et demandent aux paupérisés de leur obéir.

Épilogue

Il est deux schèmes fondamentaux de morale :
a)   La métaphysique qui est spirituelle, et là, en spiritualité, la morale doit offrir les victuailles de l’amélioration de soi, orchestrer la culture de la nature humaine chez l’homo viator sur la route de son salut éternel, son destin supraterrestre dont cette terre est la voie.
b)    La sociale qui est strictement exigence d’équité où la personne humaine doit primer tous les ordres économiques et financiers, et où la politique qui applique l’ordre social doit être expressément au service de l’homme contre tous les défauts de prédation au point d’abolir tout privilège de classe et d’individus, qui entrave la stricte prépondérance de la justice et de l’équité envers et pour tous.

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