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Ces 5 menaces pèseront sur Internet en 2024!

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L’invention de l’écriture a représenté un tournant inégalé dans l’histoire de l’humanité. Grâce à elle, nous avons pu commencer à compiler notre savoir et à le diffuser, sans dépendre de la mémoire faillible des individus. L’avènement d’internet, pour sa part, est une révolution au moins tout aussi notable, puisqu’en plus d’engranger de l’information, ce gigantesque système sur lequel nos sociétés reposent aujourd’hui permet en plus à tout un chacun d’accéder à cette information partout autour de la planète. Pour peu qu’on veuille y mettre un peu d’effort et de temps, la plupart de nos questions peuvent désormais trouver une réponse sur le web. En tout cas, en théorie. Car vous vous en doutez, cette utopie numérique présente bien des faiblesses et l’avenir d’une information objective et fiable en ligne est loin d’être garanti.

Une liberté d’expression à double tranchant

L’objectivité, ce n’est pas vraiment le fort des êtres humains. Il n’a pas fallu attendre la naissance d’Internet pour que nos bibliothèques s’emplissent de récits fragmentaires, de documents de propagande ou d’écrits d’opinion. Si la liberté d’expression reste bien sûr un principe fondamental dans toute démocratie, il convient tout de même de délimiter pensée et savoir, subjectif et objectif. Or, comme en témoignent bon nombre de livres d’histoires, de biographies ou de traités pseudo-scientifiques, la frontière est plus souvent difficile à retracer qu’on ne le voudrait. Et sans surprise, le web n’est pas immunisé contre ces failles. Dans une démocratie de l’information, tout le monde a – théoriquement – voix au chapitre. Chaque individu, avec ses croyances, ses convictions, ses connaissances et ses angles morts peut contribuer à l’immense édifice numérique qui se construit depuis 40 ans.

Cette libération a été vertueuse par bien des aspects : elle a permis l’émergence de nouveaux dialogues, de nouvelles formes de savoir et de culture, elle a donné une voix aux personnes oubliées ou censurées, et offert à l’humanité l’opportunité d’écrire sa propre histoire. Mais elle a aussi permis la prolifération de mensonges, de manipulations et d’incitations à la haine. En l’absence de garde-fou, tout discours peut être présenté comme une information objective et se répandre à une vitesse phénoménale, boosté par des utilisateurs naïfs ou complices, et des algorithmes visant à captiver votre attention coûte que coûte. La première menace qui plane sur Internet, c’est donc ses internautes. Alors, petit conseil : pour ne pas contribuer à cette confusion collective, n’hésitez pas à bien vérifier l’authenticité d’une information avant de la publier ou de la relayer. Ou même, tout simplement, avant de la stocker dans votre cerveau. Et si vous partagez une opinion, ayez l’honnêteté de bien le signaler.

L’IA brouille les limites du réel

Même avec ces pratiques en place, nous sommes encore loin d’être au bout de nos peines. Car une nouvelle tempête bien plus imprévisible se dresse devant le web : l’intelligence artificielle. L’explosion des IA génératives l’année dernière l’a bien démontré : nous sommes en train d’entrer dans une nouvelle ère où le vrai risque d’être de plus en plus difficile à démêler du faux. Deepfakes audio et vidéo, générations d’images photoréalistes, chatbots qui hallucinent des informations plus ou moins vraisemblables : dénuées de tout compas éthique ou même d’une véritable compréhension de la façon dont se structure le savoir, les IA brouillent toujours plus les limites du réel. Et tandis que les chercheurs continuent de peaufiner leurs algorithmes en leur donnant tous les outils pour mieux tromper notre perception, la législation sur le sujet peine à suivre. De nombreux experts ont déjà tiré la sonnette d’alarme quant aux risques de désinformation, volontaire ou non, mais également d’ingénierie sociale, c’est-à-dire de manipulation à des fins d’escroquerie. L’avenir nous dira si l’IA a tué pour de bon la démocratie de l’information, mais en attendant, redoublez de vigilance en ligne, en particulier si quelque chose vous semble captivant.

Propagande et contrôle

Si la désinformation présente déjà des risques conséquents lorsqu’elle est pratiquée de manière accidentelle ou à un niveau individuel, elle devient d’autant plus dangereuse lorsqu’elle s’inscrit dans un programme de propagande systématisé. Médias et industries disposent chacun de moyens conséquents pour supprimer des vérités dérangeantes ou diffuser massivement une vision biaisée de la réalité. Et bien entendu, on atteint le paroxysme de cette pratique avec des univers contrôlés par les gouvernements comme le ChinaNet ou le RuNet, respectivement les versions chinoises et russes d’Internet. Chacune présente à l’utilisateur un écosystème bridé, bannissant un nombre plus ou moins important de sources d’échanges et d’information, et poussant, évidemment, en parallèle leur idéologie nationaliste.

En Chine, pas de BBC, de Facebook, de YouTube ni de WhatsApp, tout comme en Iran, par exemple. On s’informe auprès de médias contrôlés et censurés par le Département central de la propagande, et les réseaux sociaux comme Weibo sont passés au peigne fin pour détecter les dissidents. Plus récemment – plus exactement ce lundi – la Russie a lancé sa propre version de Wikipedia, Ruwiki. Son objectif, lutter contre la « désinformation » – vous ne pouvez pas me voir, mais j’insiste bien sur le fait que ce mot est à entendre entre guillemets – qui circulerait sur la guerre russe en Ukraine, par exemple. Wikipédia, dont plusieurs articles avaient déjà été bannis par les autorités russes, pourrait donc bien connaître ses derniers jours sous le régime de Vladimir Poutine.

Des coupures délibérées… d’autres moins

Et quand la propagande ne suffit pas, eh bien, la prochaine solution consiste à tirer la prise. Je vous en parlais dans un épisode de Vitamine Tech paru en août 2022 : que ce soit à l’approche des élections, suite à un coup d’État ou pour étouffer les aspirations révolutionnaires, un nombre croissant de gouvernements n’hésitent plus à complètement couper l’accès à Internet à leurs citoyens. Ce début d’année, ce sont les habitants du Pakistan qui ont dû faire face à plusieurs perturbations sur le web alors que le Premier ministre Imran Khan prépare le lancement de sa campagne électorale. Mais les coupures peuvent également être mise en œuvre par un agresseur extérieur, comme dans le cas de l’invasion en Ukraine, ou plus récemment du conflit israélo-palestinien. Dans un monde régi par le numérique, prendre possession d’Internet semble être devenu l’arme la plus efficace pour paralyser un pays en un claquement de doigts.

Enfin, la nature elle-même peut être à l’origine d’un black-out beaucoup moins contrôlé du web. Nous entrons actuellement dans une phase d’activité solaire intense, dont les manifestations géomagnétiques présentent un risque non négligeable pour nos infrastructures. Je vous en parle dans un épisode paru en juin dernier sur Vitamine Tech. Par ailleurs, le changement climatique pèse également telle une épée de Damoclès au-dessus de l’architecture numérique. Pour en apprendre plus, je vous renvoie cette fois à l’épisode « Internet menacé d’extinction par le changement climatique », disponible, lui aussi, sur Vitamine Tech.

Un modèle médiatique en pleine évolution

Terminons avec une dernière menace, celle-ci plus récente, ou du moins, qui risque de s’intensifier en 2024 : l’effondrement des cookies tiers. Vous avez sûrement déjà entendu parler de ces petits fichiers numériques, destinés à collecter une partie de vos données personnelles et à suivre votre activité en ligne. C’est grâce à eux que les sites que vous visitez apprennent à mieux vous connaître et peuvent ainsi vous proposer des publicités alignées sur vos préférences. Des publicités avec lesquelles les sites se rémunèrent et peuvent ainsi vous offrir un contenu de qualité gratuitement. C’est par exemple grâce à ce modèle qu’en 2023, Futura a pu vous proposer 250 nouveaux épisodes de podcasts, plus de 6 000 articles ou encore 240 vidéos, dont plus de 99 % sont accessibles sans abonnement. Et c’est pour cela que des sites comme Wikipédia, qui n’affichent aucune publicité, dépendent impérativement des dons de leurs utilisateurs pour continuer d’exister.

Néanmoins, à mesure que l’UE et d’autres instances réclament une plus grande transparence mais également une plus grande protection de la vie privée des internautes, les jours des célèbres cookies, du moins des cookies tiers, ceux placés par les partenaires commerciaux sur vos sites favoris, sont comptés. De nombreux sites, et en particulier les médias, vont donc revoir en grande partie leur fonctionnement économique et probablement se rabattre sur un modèle d’abonnement, comme le font déjà les plateformes de VOD. La concurrence entre les sites d’information risque donc de s’intensifier en 2024, et il tiendra à chacun de faire les choix éditoriaux pertinents pour retenir et fidéliser son lot de lecteurs. Cela mènera probablement de nombreux acteurs à prioriser certains sujets plus que d’autres, à délaisser les informations jugées « peu sexy », voire à s’engager dans une course au divertissement plutôt qu’à l’information, afin de maintenir la vitrine la plus attrayante possible. Tout comme les algorithmes des réseaux sociaux ont appris à favoriser des contenus choquants, spectaculaires et bien souvent peu nuancés, les médias devront se méfier de ne pas tomber dans la spirale infernale du buzz.

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